AGRESSIVOLOGIE
Professeur SOULEBRAS ( du Parquet ciré)

Nous nous trouvons devant un cas prototype de géronto-agressivité ou le protagoniste ultra-violent ne sort que rarement de sa tanière et uniquement armé jusqu'aux dents de bons et de mauvais mots. L'évènement dont il s'agit n'entre dans nos statistiques que sous l'appellation de "faits d'agressivité mineure n'ayant pas entraîné de blessés". Il est toutefois compréhensible que la multiplication de ces actes d'incivismes entraîne une situation sociale particulièrement dégradée dans les cités.Les jeunes n'osent plus traîner dans les supermarchés, il doivent d'abord se réunir et, à l'aide de cocktails molotov, manifester leur angoisse en incendiant les susdites épiceries. Je ne prends donc pas le problème à la légère.Que s'est il donc passé ce Lundi 28 Janvier? Nous ne pouvons pénétrer sans terreur dans les méandres sinueux de la logique interne d'un personnage hargneux.Si la revue ne nous y forçait par la gratifiante rémunération qu'elle nous concède, nous nous enfuirions à toute jambes pour rejoindre une Grave Party et nous noyer dans les D.C.A. (Démolisseurs Chimiques d'Attention).
Résumons:
1, le protagoniste attend
2,il agresse
3,il cherche du soutien
4,on se fout de sa gueule
5,il ferme sa gueule
6,il s'en va l'oreillette menaçante.
Au premier stade le vieux prémédite son agression (l'analyse psychiatrique le présente comme rusé matois et fourbe) peut-être laisse-t-il intentionnellement passer la victime? C'est le stade que dans notre jargon nous nommons "Accumulation primitive intestinale" Rien ne transparaît alors de la manigance qui se trame. Une analyse des flux sanguins indique un reflux du cerveau, il se vide comme une baignoire, la place est libre pour les fauves psychiques.
Au deuxième stade la rancoeur explose comme une fosse septique qui déborde, n'importe qui est susceptible d'être attaqué, le teigneux n'a plus de préférence. Il choisit sa victime au hasard, le plus vite possible.
Au troisième stade c'est le syndrome "tous ensemble les gars", acquis au cours des exercices militaires qui se manifeste. Le personnage livré à sa méchanceté a besoin d'alliés pour exterminer son ennemi, il croit naïvement que le neutre va le rejoindre en vertu du panurgisme qu'il pratique lui-même.
Au quatrième stade c'est l'échec. Il y est habitué, il ne cherche donc pas à se débattre et se couche de la même manière qu'il aurait souhaité que sa victime se couche.
Nous appelons ce stade l'Autocoprofection, en clair "je me chie dessus" C'est l'étape classique après un tentative malheureuse.
Au cinquième stade il se change en nappe de pétrole sur l'océan: il se répand. Si nous ne connaissions les redoutables pulsions qui le guident nous éprouverions une certaine compassion, tenant du mépris et du dégout, mais ce genre d'individu terrorise les quartiers ou les policiers n'osent plus se rendre. Au sixième stade, mélange d'autocoprofection et de ruminance, il se retire comme les stagiaires de la Maison Blanche : sous les rires des plus indulgents et la fulmination des moins laxistes.
Ce stade n'est pas terminal, au contraire il constitue le prélude à de nouvelles agressions et leur future justification. Dans certains cas l'état de siège peut parfois se justifier. Nous avons tous en mémoire le tristement célèbre Wacon ou une horde de teigneux surarmés a défié la première puissance au monde.
Pour conclure je suggérerais de ne pas maintenir sous les verrous les plus dangereux des vieux hargneux car ils sont un exemple affligeant pour les jeunes cons qui ne demande pas mieux que de devenir de vieux cons.