Démesurée
Sylvie Freytag

Au gré des heures filantes,
S'égrènent mes signes d'angoisse. 

Dans mes pensées obscures,
Mon coeur égaré s'étire vers l'espoir
D'un bonheur encore inaccessible.

Au travers de mes émotions disloquées,
Mes rêves donnent sur l'embouchure
D'illusions fugitives.

Dans les moments dépourvus de sens,
Les souvenirs se ruent sur mon intimité
Lovée au creux des dédales de mes secrets. 

Dans l'esquisse des mots,
Fleurissent les vers vibrant d'une pétulance éphémère.  

Dans le souffle de ma voix,
La parole me libère du silence qui me pétrifie. 

Dans le cri de l'oiseau solitaire,
J'entends le râle de mes entrailles.

La revue improbable
N°28, août-septembre 2003