Herzensschrei (cri du coeur)
Sylvie Freytag

Zurückgestoßen wie ein Fremder fern von seiner Heimat,
Verlassen von der ganzen Welt, als wäre ich gar nicht hier,
So wandere ich durch das Leben.

Einsam,
Hoffnungslos,
Im Schatten der Menschen,
Irre ich herum
Tag für Tag.

Wer sieht meine großen Tränen auf meinem Gesicht ?
Wer hört mein Schreien in meiner Einsamkeit?
Wer schenkt mir Trost in meiner Unruhe?
Wer kann mein krankes Herz heilen?
Wer hilft mir aus der Ungewissheit?

Niemand schenkt mir Achtung.
Niemand hört mir zu.
Niemand versucht mich zu verstehen.
Niemand steht mir bei.

Ich suche Freundschaft in Fülle,
In der Welt spüre ich Kälte und Gleichgültigkeit.
Ich suche wahre Gemeinschaft mit den anderen,
In der Welt stoße ich auf Feindschaft und Wahnsinn.
Ich suche Trost und Ruhe,
In der Welt finde ich Hast und Lärm.
Ich suche Frieden,
In der Welt höre ich von Krieg und Schmerz.

Auch in dieser Nacht
stehe ich am Fenster
Und schaue in aller Ruhe in die Ferne.

Der Mond glitzert fröhlich und
die goldenen Sterne leuchten regungslos
Im geheimnisvollen Himmel.
Mein Herz ist voller Stille und
Tiefes Schweigen herrscht draußen in der Natur.
Ein lautloser Wind weht durch die Strassen und in den bäumen.
Geräuschlos fließt ein Bächlein durch den Wald.

Mit zaubervollem Geschick,
Kann ich Bitterkeit und Traurigkeit
Zu Träumen umwandeln.
Träume tun mir wohl.
Ich träume davon, deine Nähe zu spüren.
Du hältst mich ganz fest in deinen Armen.
Ich genieße jeden Augenblick.
Mit Zärtlichkeit streichelst du meine Haare,
Mein Gesicht, mein Körper.
Ohne Ende küsst du mich.

Doch deine Liebe bleibt ein täuschender Traum.

Wie werde ich wohl mein Leben fortsetzen ?

Nun bin ich wie gelähmt durch
die eiskalte Umarmung des Todes.

Je marche dans la vie,
Rejetée comme l'étranger hors de sa patrie,
Oubliée du monde entier, comme si je n'étais pas là.

Jour après jour,
J'erre ici et là
Solitaire,
Sans espoir,
A l'ombre des hommes.

Qui voit mes grosses larmes couler sur mon visage ?
Qui entend les cris dans ma solitude ?
Qui me console dans mon inquiétude ?
Qui peut guérir mon cour malade ?
Qui peut me sortir de mon incertitude ?

Personne ne fait attention à moi.
Personne ne m'écoute.
Personne ne tente de me comprendre.
Personne ne vient à mon secours.

Je recherche l'amitié en abondance :
Dans le monde, je ne ressens que froideur et indifférence.
Je recherche la vraie communion avec les autres :
Dans le monde, je ne rencontre que haine et folie.
Je recherche consolation et tranquillité :
Dans le monde, je ne distingue que précipitations et bruits. Je recherche la paix :
Dans le monde, je n'entends que guerres et douleurs.

Cette nuit encore,
Je me tiens debout à la fenêtre
Et regarde au loin, en toute sérénité.

La lune scintille joyeusement et
Les étoiles d'or brillent, immobiles,
dans le ciel mystérieux.
Mon coeur se tait et
Un profond silence règne dehors, dans la nature.
Un vent imperceptible souffle dans les rues et les arbres.
Un ruisselet coule en silence à travers la forêt.

Avec une dextérité magique,
Je peux changer mon amertume
Et ma tristesse en rêves.
Les rêves me font du bien.
Je rêve de sentir ta présence.
Je profite de chaque instant.
Tu me serres très fort dans tes bras.
Tu caresses avec tendresse mes cheveux,
Mon visage, mon corps.
Tu m'embrasses sans fin.

Mais ton amour reste un rêve trompeur.

Comment vais-je poursuivre ma vie ?

A présent, je suis comme paralysée
par l'étreinte glacée de la mort.

La revue improbable N°26, avril-mai 2003