Source des mondes
Sylvie Freytag

Le jour radieux,
Dans la liberté et la louange du soleil divin,
Danse à mes côtés,
Tournoie dans l'herbe, les fleurs, les arbres,
Virevolte sur les pierres,
la mousse, les chemins desséchés.
La nature entière éclate d'allégresse et
S'offre à moi en une promesse, un bienfait indicible.
Mes yeux caressent le ciel qui déborde d'un bleu pur, intense.
La forêt pépie de mille oiseaux,
Frémit de mille fleurs,
Frissonne de mille herbes.
Mon âme se sent subjuguée par un bonheur extrême, ininterrompu.
Je reste là des heures entières à m'émerveiller dans ce royaume enchanté.
Un écureuil grimpe à la sauvette
Jusqu'à la cime d'un hêtre.
Moi, je gravis pas à pas les pentes
Comme le soleil qui monte au zénith.
Peu à peu, les murmures, les chants s'évanouissent.
Maintenant, un plein de silence
Etreint mes instants de solitude,
Troué quelquefois par le froissement d'ailes
Quand s'élance un oiseau,
Par le bruissement de branches
Quand le vent les caresse,
Par le clapotis de l'eau
Quand soudain le ruisseau devient bavard.
Mon cœur tout en émoi se tait.

La revue improbable N°26, avril 2003