Des cendres
Richard Ober

Toute joie est morte
Ni n'entends, ni ne vois
Ni n'éprouve, ni ne perçois
Toute tristesse est morte

Mes disparus patientent en cimetières inconnus
Leurs tombes s'enfoncent plus outre-terre

Et tous mes vivants passent au loin
Sur des rives où ma voix ne porte point

Où les fers me tiennent, de vous ascendants
A vous innocents je ne garde qu'un sable

Où vos traces s'imprimèrent
Que les vents éparpillèrent

Joies passées, fûtes-vous jamais ?
Jusqu'à la tristesse du jour s'est consumée

Le silence a déposé son givre
Ni lampe, ni lune n'y scintille

Ne restent que sel au désert
où fut l'océan de peine
et des forêts de vertes promesses
que cendres.

La revue improbable N°26, avril 2003