FREUD, MOISE: L'ORIGINE ET LE DÉNI OCCIDENTAL
Alain Suied

Le "dernier" Freud, celui de "L'homme Moïse et le Monothéisme" étonne ou provoque le rejet, le soupçon: le "vieil homme a-t-il" voulu retirer au Judaïsme son statut de monothéisme originaire ou attribuer à un Pharaon Égyptien (dont l'image a été modifiée par les historiens depuis quelques années et ne correspond plus au mystique génial imaginé dans~les années 30) ridée première d'une culture de le contrainte et de le soumission au Père? A-t-il simplement voulu écarter des Juifs de son temps la menace nazie (ou Occidentale?)
Explications trop hâtives: la pensée Freudienne ne cède pas à la facilité.
L'ultime interrogation Freudienne nous concerne:
et si le jouait en Occident, sous l'impulsion de l'Église et des discours chrétiens comme depuis la période Bourgeoise des "Lumières", identifiant une fantasmatique civilisation "judéo-chrétienne" un DÉNI radical de la pensée, de la culture et de l'être JUIFS et HÉBRAÏQUES?
Et si Freud avait pointé ce RISQUE VITAL, comme en un Testament?
L'ORIGINE niée chez Freud ne serait alors que l'envers d'une négation TOUJOURS EN COURS: le judaïsme, créateur de l'Éthique et du regard vers l'autre, la Bible, création cosmique et humaine ("L'ancien" Testament) ont indiqué à l'homme "païen" la route d'une découverte universelle: l'autre, c'est moi. Moi avec l'autre. Une vérité de générosité et de sens gagnée sur l'inconnu et sur la Perte.
Une vérité qui appelle le déni d'une culture du Paradis pour tous et/ou du bonheur matériel pour quelques-uns.
Une vérité que Freud "athée" nous transcrit et nous transmet dans une urgence INDÉPASSÉE.

La revue improbable N°26, avril 2003