D'immense
Théophile

D'immense puissance tu es; car tu es;
Qu'est notre volonté devant la tienne ?
De l'étoile à la molécule, toi; tu as tout fait
De la poussière à la gloire, tout est à toi.

De la prière à la pierre en passant
Par les nuages et la pluie jusqu'au soleil,
Il n'existe qu'un seul mage, un seul roi
Celui par qui le mot rien existe; il est

Le dieu de la vie et de la mort
Il est là, ou pas, qui a tort ?
S'il est, est-il ce roi ou ce mendiant ?
S'il n'est pas, est-il ressuscité ou vivant ?

Les cathédrales s'étalent, s'ébranlent,
Les fidèles se dissipent, détalent,
La foi n'est plus reine de tout,
Elle est reine de ce qui est rien du tout.

Les croix sont et restent la fierté,
Elle témoignent d'un seul qui est venu, incompris
Rejeté, refoulé, trop beau et parfait, rejeté
Où est la grandeur, dans ta maison de piété.

Par tes chemins, il fait froid et noir,
Sur tes chemins, il faut peiner pour aimer,
Le pèlerin, lui, le sait, pourtant il le fait,
Pour quelle vie, par quelle sorte d'espoir ?