Bacchanale
Mohamed El-ouahed

Coule le bon vin, à l'ombre de la treille
Mon hanap rempli du breuvage des dieux
Couleur de tes labres, luisant au soleil
Je bois ma ribote, sur ton corps délicieux.
Perle sur ta bouche ce nectar ténu
Dont l'arôme divin, inspire les poètes
Disciples de Bacchus, louant ses vertus
Qui nous guident vers l'ivresse céleste.
Le soir tombe sur ta gorge épanouie
Que le nimbe de la lune réverbère
Offrant plus d'éclat, à ta grâce infinie
Où se cache mon spleen éphémère.
Blotti contre toi, je frissonne de bonheur
Mes yeux s'abîment sur ton être éthéré
Que mes mains frôlent d'une absolue douceur
S'embrasent dans la nuit, nos passions révérées.
Buvons ce vin suave jusqu'à la folie
Que son effluve perpétue la ferveur
Bercé à jamais d'une douce mélodie
Où ton amour gît, dans l'écrin de mon coeur.

La revue improbable N°24, décembre 2002