Thébaïde
Mohamed El-ouahed

Quand on n'a plus rien que sa solitude
Le soir venu apparaît le déclin
On trinque avec l'oubli de ses habitudes
Cherchant une épate pour fuir son chagrin.

Et puis soudain on évoque l'ancien temps
Qui nous a vu gravir les marches du succès
Grisé par la gloire, et, presque insolent
On toise les autres d'un regard agacé

Que de titres, d'honneur et de promotions
Paradant de faste, jusqu'à l'arrogance
En faisant fi des règles de la tradition
Qu'oblige notre rang à plus de bienséance

De cette époque lointaine et révolue
Mon cœur contrit, rappelle ses souvenirs
De tristes regrets, du trajet parcouru
Implorant le pardon pour se repentir.

A l'orée de mon âge, vaincu par les ans
Tel un vieil arbre aux branches dégarnies
Je ressasse ma vie, passé et présent
Suivant à la trace l'ancien chemin pris.

La revue improbable N°24, décembre 2002