A la fenêtre du temps
Sylvie Freytag

Dans la grisaille du matin, le ciel trouble et bas déverse ses larmes lourdes et épaisses sur le sol sec et craquelé par la chaleur des jours passés. Il ne cesse de pleuvoir. Le vent furieux hurle à travers ma fenêtre.

Soudain, dans l'après-midi, le vent cesse et s'endort. Lentement, le ciel se dégage sous les ultimes gouttelettes. Les rayons de soleil naissants se frayent un passage à travers ma porte entrebâillée. Je retiens leur caresse sur mon coeur jusqu'à la tombée de la nuit.

Lorsque le monde assoupi dormira à poings fermés, je cueillerai la lune dans toute sa beauté et je l'hébergerai dans ma maison paisible.

La revue improbable
N°30, décembre 2003-janvier 2004