La mort
Gabriel Dufour
Introduction
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En son sens le plus basique, elle représente le rien, l'absence, la fin... Perdue dans le temps, ne reste plus d'elle lorsqu'elle survient que le symbole même de son existence : la tristesse.
................. Pleurer quelqu'un c'est un peu se souvenir de lui. C'est lui dire, espérant qu'il nous entende, que son passage dans notre vie ne fut pas qu'un simple passage mais qu'il fut une présence. Rien n'est plus triste qu'un mort oublié, c'est à cet instant que la mort perd tout son sens bienfaisant.
................. Le mort, si on l'oublie, n'est plus le mort. Oublié, le mort n'a même plus le mérite d'avoir été un jour en vie; c'est un peu comme s'il n'avait jamais existé. Le mort oublié est le plus malheureux des morts, le plus décadent. Le mort oublié a vécu pour rien, il n'a servi à rien, il n'a marqué personne.
................. La vie, notre vie, se doit d'être importante aux yeux des autres, d'un autre, mais elle doit compter plus que pour seulement nous même. L'oubli est à fuir, à tout prix, comme le fléau de son apocalypse. Si jamais la trompette de l'oubli se met à sonner, si son sceau se brise, si la bête en bouffe la vierge, on n'est plus un mort; on n'est plus rien, on n'a jamais été.
................. Pour être mort on se doit d'abord d'être. La vie engendre la mort, la mort n'est que la fin. Le souvenir, c'est lui qui importe. Je me souviens de mes morts comme je veux qu'on se souvienne de moi quand j'en serai un.
Je ne veux pas incarner la tristesse, je veux incarner un bonheur qui un jour deviendra un souvenir doux, celui de ma vie qui a un jour coloré la toile de mon univers environnant. Si jamais on m'oublie et si jamais je l'apprend, je ne serai plus rien, je ne voudrai plus rien.
"Homme, tu es poussière et tu retourneras à la poussière." Cette sentance est à fuir! Ne reste pas que poussière, homme, tu n'auras alors vécu que pour devenir quelque chose qu'on balaie.
La mort, en son sens le plus profond, elle représente le tout, la présence passée, le temps arrêté. Elle est à la vie ce que la vie lui est : une nécessité.
L'être humain reste-t-il plus qu'un tas de chair immobile après sa mort? L'âme est-elle une chimère où est-elle réellement présente en nous?
Ces questions de métaphysique, l'homme se les pose depuis la nuit des temps; l'homme espère rester après la mort, il ne veut pas se terminer aussi rapidement. L'homme a le besoin de se perpétuer, dans la vie comme dans la mort.
Où irons-nous? Que deviendrons-nous? Nul ne le sait, mais chacun espère en cette thèse. Ne somme-nous pas, de toute façon, l'incarnation même de la métaphysique?
Nul homme n'en comprend un autre, la vie est floue, la mort se doit de l'être tout autant.
La mort, elle se doit d'être, tout simplement, la mort.
Simplement ça, rien de plus... certaines personnes ne voudront jamais l'admettre. .
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