Alain MAUMEJEAN, L'INACHÈVEMENT
Éditions ARFUYEN
Alain Suied


. Certains poètes n'ont que rarement l'honneur fugace de la reconnaissance - d'autres restent à jamais dans l'ombre. Question d'époque? Affaire de "compromissions" et de "réseaux". Triste époque et misérables réseaux -qui s'ignorent et ne veulent affronter ni "la vraie vie", ni l'autre... .

. Quelques poètes travaillent dans l'ombre mais... POURRAIENT BIEN SURPRENDRE LEUR ÉPOQUE. Un peu de patience! "Les contemporains ne savent pas lire", écrivait Mallarmé - voire - peut-être lisent-ils trop bien CE QUI LES DÉRANGE dans certaines démarches! .

. Alain MAUMEJEAN est inconnu du grand public; il se contente d'habiter sa langue et de chercher,au fond de lui-même de nouvelles formes, de nouveaux éclats de vérité! Dans la revue "L'Autre", F.X.. Jaujard, M. Camus et G. Pfister avaient publié quelques extraits d'un ensemble : "Les usages", qui devait devenir un des "Cahiers" d'ARFUYEN. G.Pfister nous propose aujourd'hui ,avec sa coutumière passion d'éditeur et de créateur, un nouveau recueil de Maumejean: "L'inachèvement"..

. Placée sous le symbole d'un dieu Ahgkorien, dont les yeux semblent s'être fermés pour mieux nous guider dans le non-visible, cette prose fragmentaire et gravement poétique nous parle-comme à distance -de notre humaine aventure face à la mort, face à la disparition - qui est le propre de la parole... .

. Et nous parle de l'énigme de toute expression: si fragile, si privée de sens, si menacée et pourtant sans autre demeure que ce qui l'abolit. .

. "Passagers inconsolables de l'ordre sans projet qui nous préserve". Même "emportés sur place, inflexibles" nous allons "comme . . "spectres parmi les vivants"...Les temps ont beau être "saturés de plénitude", nous semblons étrangers au monde, étrangers à la parole, éloignés de la plus cruelle et de la plus insoluble des vérités :"notre être au monde". .

. "L'inachèvement" parle une langue intérieure, intime - et pourtant, tout y parle de notre familière défaite, de notre étonnement originel.

. Notre temps est-il prêt à entendre ces poètes-là, sans attente, sans "réseaux", sans illusions quant à l'illimité de la tâche poétique et aux limites tragiques de nos vies, de notre époque-sans-Autre?

. Réduits "à la continuité" ou privés de notre propre vérité, nous devons avancer, travailler, même dans l'inachèvement. .

. Pour ceux qui viendront et sauront écouter