Edwin MUIR
La Guêpe Tardive
(Traduction Alain Suied)

Tu as réfléchi durant tout l'été mourant,
Tu as visité, chaque matin,notre table,
Baladin solitaire et célibataire,
Et tu t'es nourri de confiture
Si loin dans le pot que toutes tes forces parvenaient à peine
A t'extraire du trou sucré que tu avais creusé,
Toi et la terre, vous avez mûri maintenant
Et tes voies de passage ont ressenti le changement;
Elles se sont refroidies;
C'est étrange
Comme ces familières avenues de l'air
S'effritent désormais, s'effritent; le bon air ne tiendra pas,
Toutes éclateront d'un bruit sec; toutes périront sous le froit;
Et déjà tu plonges dans le rien et dans le désespoir.