Abolir
Alain Suied

I

Dans la tornade, sous le vent
dans la spirale, sous le joug de ta mort,
j'ai tendu les bras
vers toi, j'ai crié ton nom
en vain ou seulement pour
accompagner le récit de ton départ
l'inaudible mélodie de ton coeur
épouvanté.

Sans traces, sans paroles
ta place vide occupe mon regard
et ta vie perdue s'enracine
àa ma propre histoire.
Nul ne te voit, nul ne sait
que tu joues de ton absence
pour abolir les ultimes distances
qui nous séparaient. Tu poses
la main sur mon épaule.
Je me retourne, tu disparais.
Transparence du souffle!
Tu m'élèves dans la tornade du vivant.

II

Dans la tornade, sous le vent
dans la spirale, sous le joug
de ton absence, j'ai tendu les bras
vers ton image, crié ton nom
en vain ou seulement pour
alléger le fardeau de ma détresse
la secrète évidenoe de mon coeur
entravé.

Sans traces, sans paroles
ton passé perdu occupe ma mémoire
et ta plaoe absente se confond
à ma propre patience.
Nul ne sait, nul ne voit que tu joues de ton silence
pour abolir les ultimes distances qui nous séparaient.Tu poses
la main sur mon épaule.
Je me retourne, tu apparais.
Transparence du rêve!
Tu m'élèves dans la tornade du vivant!

III

Dans la tornade, sous le vent
dans la spirale, sous le joug
du vivant, j'ai tendu les bras
vers ton absence, crié ton nom
en vain ou seulement pour
accompagner le récit de ta perte
l'inaudible mélodie de ton coeur
évident.

Sans traces, sans paroles
ton amour entier occupe mon histoire
et ta vie retrouvée s'enracine
à mon propre regard.
Nul ne voit, nul ne sait
que tu joues de notre séparation
pour abolir les ultimes distances
qui nous différenciaient. Tu poses
ton absenoe dans ma main.
Je te saisis, tu disparais.
Transparence de la matière!
Tu m'élèves dans la tornade de la présence!