Allégresse
Sylvie Freytag

Dans l'allégresse d'un nouveau printemps
Qui fait danser le vent, la pluie, les oiseaux, les fleurs,

Dans la course infatigable du soleil torride
Par les chemins et les plages de l'été,

Dans la ronde joyeuse des feuilles bariolées
Qui fredonnent dans le vent de l'automne,

Dans le tourbillon blanc des flocons
Qui apportent un silence étrange au ciel apaisant de l'hiver,

Je te rêve.

Dans la rosée du matin,
Dans la naissance du jour,
Dans le rire du soleil,
A la croisée de la lumière et de l'ombre,

Je te rêve.

Dans le souffle léger du vent,
Dans le parfum frais des roses,
Dans l'espace blanc entre les mots,
Dans le silence entre les paroles,

Je te rêve.

Au seuil du soir,
Quand le soleil dégringole l'escalier de l'horizon,
Au cœur de la nuit,
Dans la brillance des étoiles,

Je te rêve.

Au fond du sommeil,
Tous rideaux tirés,
Dans le noir le plus total,

Je te rêve aussi.

La revue improbable
N°27, juin-juillet 2003