Ses vérités (I)
Jacques Kindo
(extrait de L'ange du mouvement)

Ses vérités sont une averse de dialogues sans arômes
Qui écrase la solennelle forêt
Où la mouche suit l'invisible chemin
Reliant
L'herbe aux pieds nus
La fougère déployée dans l'ombre aux branches accrochées à la lumière
Pendant que l'homme rare cherche son souffle et son apparence
En laissant le triomphe vrai derrière son ombre désertée
Pour imaginer une nuit au lit vulnérable
Et doré comme la solitude d'un astre célèbre

La pluie embrasse le cri insolent
D'une existence transpercée par une morale travestie
Et forme un fleuve sans soleil
Aux frayeurs forgées par le bronze le plus pur
Qui étouffe les poissons clairs
Indifférents à leur propre drame
Et se perd dans l'océan immobile

La revue improbable
N°27, juin-juillet 2003