Ce soir
Vanessa Duval-Gagné

Je n’ai jamais autant souffert
que ce soir  au mortuaire
de mon âme pourpre dingue
j’en ai une larme si chère sur ma joue mal à l’aise
j’en ai de rebelle rage sur les esquisses de mes paysages moroses
où les roses s’envolent vers d’autre terre
à en croire, vers un autre univers
si loin de mes plaies
je souffle mon corps svelte sur l’abîme sèche
crève, crève pauvre cervelle
que transperce les écailles sales de l’animosité des mains saines
en cent craintes  mon être s’éparpille au vent levant
mon ciste noire croît à l’outre mort
des plaisirs de mourir sous tombe feuille sans rien de moi
si la crise se fil à l’hystérie
mon infirme celte céleste voûte de mon essence perle
se torture de ses malheurs
je m’effondre dans le gouffre immonde qu’est la douleur
et si la peur mère vous accroche à ma démangeaison
je ne peux que m’élever les os au trône de la feinte émotion
la beauté astrale de mon floral, sens des ténèbres languis
clouerait les cloches à leurs notes mélodiques au lueur mélancolique

La revue improbable
N°29, octobre-novembre 2003