La boutreuse*
Alain Serge Dzotap

 J’ai lavé mes soleils à la lumière ramassée sur tes paroles.
J’ai essuyé mes yeux sur ton sourire soyeux.
J’ai brisé mes nuages sur la douceur de ta peau.
Et j’ai cédé au vent les décombres de mes larmes,
Rallumant dans ma chair froide le feu de vie
Aux soleils des baisers de tes mots sur mon âme.
Ô femme aux tresses de pluie !
Nomme-moi seul ébrécheur de ton mystère
Pour lire sur les courbes fabuleuses de ton corps
Le poème parfait de ta beauté.

*Ce mot-titre, attrapé au coin d’un rêve, j’en ignore l’existence.
Mais pour moi, il raconte une femme magnifique
vêtue de la chair allumée des étoiles,
seule habitante du pays de mon cœur, toi.
Ces lignes sont les décombres d’un poème qui a éclairé mon rêve
pour se disloquer quand l’aurore souriait de reflets.
Alors j’ai suspendu ce qu’il me restait de sommeil dans la chair
puis, rallumant mon esprit, j’ai rattrapé ces ruines de la parole,
bouts de moi-même en moi-même errant à la quête d’une brèche
pour déshabiter ma mémoire.
Et je les ai cousus au fil de la volonté de te redire ô femme avec la danse de l’encre ce feu que tu as épandu au fond de moi,
pour mendier une place d’éternité dans ta vie quotidienne.

La revue improbable
N°29, octobre-novembre 2003