NUIT GUÉABLE
Alain Serge Dzotap

J'ai mes larmes au coin du cœur
Entre mes mains mes rêves en sang
Comme l'oiseau déchiré dans la saison violente
Mes yeux se referment sur ma douleur trop vive
Mes nuages bourgeonnent à leur arbre
Et je t'aperçois à l'autre bout de moi,
Un rai fleurissant sur ton visage désencombré de toute fioriture
Et j'écoute doucement ton parfum m'habiter comme une saison introuvable
Ô princesse à l'empire incommensurable !
Egrène ta marche jusqu'à ma face de nuit
Je mangerai tes lèvres pour savoir le goût de l'aurore prochaine.

La revue improbable
N°29, octobre-novembre 2003