Et tu verras
Alain Serge Dzotap

Si tu es fleuve
Je me recréerais récif
Pour mendier les caresses de tes mains bâties d’eau
Qui fleuriront de reflets aux effluves du soleil.
S’il te faut passer la rivière à pieds pour le pèlerinage vers ton visage, vers toi même,
Je me ferais gué pour porter les baisers de tes pas
Et à la naissance de la rive prochaine qui sourira dans tes paupières
Je serais viatique pour le voyage au bout duquel tu te rencontreras à la fin de l’itinéraire
Sans ton fantôme que tu suspends dans mes yeux,
Sans tes digues que tu construis pour retenir ma parole enceinte de toi ;
Et tu écloras au fond de ta chair
Si tu es ombre
Le soleil s’allumera dans mon cœur
Mes paupières se rempliront de lumière inouïe
Je serais clarté éblouissante pour lire le poème soyeux de ton mystère
Trouvant à chaque césure l’élan pour franchir les dernières étapes de ta conquête.
Et les pas silencieux de notre marche titubante
Trouveront le chemin de nos cœurs accordés.
Et tu verras, ces mots qui fleurissent sur ma langue
Ne célébrerons d’autre visage.

La revue improbable
N°29, octobre-novembre 2003