Funeste résurrection
Sylvie Freytag

Le scintillement céleste règne parmi mes pensées lugubres.

L'encre noire de mes mots balafre quelques traits de lueur, petit à petit barbouille une multitude de gerbes de lumière,  puis avec avidité avale en bloc la clarté démesurée du jour.

Au bout du poème achevé, je laisse couler la terre morose dans les ténèbres profondes de ma déréliction.

Aujourd'hui, comme un château de cartes s'écroulent mes rêves brouillés.

Mon coeur se sent rejeté pour toujours et s'abreuve sans relâche d'amertume. Il fixe son lieu d'escale sur la détresse écartelée aux parois du gouffre de la nuit où la chaleur est retombée. A présent, mon cour glacé d'effroi fige mon corps grelottant de froid et de peur.

J'entends le glas percer mes tympans.

Surgit alors des entrailles des âmes disparues, l'âpre hurlement de leur solitude.

Je m'abandonne à l'espoir d'une vie nouvelle où un soleil intense illuminera ma nuit funèbre.

Ma vie renaîtra au plus chaud de notre étreinte.

La revue improbable
N°29, octobre-novembre 2003