Certains couples fonctionnent sur un mode que nous dirions volontiers
"Génésiaque" - en référence à l'épisode du "serpent": ce que
la femme attend de l'homme, c'est (dans ce type de relation inconsciente)
la réparation ou l'actualisation d'un phallus "brisé" - celui de
son propre père et ce que l'homme attend de la femme, c'est (dans
une symbolisation homosexuelle) l'addition ou la "confirmation"
d'un phallus "maternel".
Le "serpent", c'est le "tiers" - c'est lui qui
assure la (fictive) cohésion du "couple". Son rôle?
In-carner le "phallus" - mais le "besoin" du phallus (valeur
AJOUTEE au couple) est déjà la preuve du "manque" où le couple
a puisé la vraie cause de sa formation...
Dans la "Genèse", le Divin EST le Phallus - au
regard de l'homme et de la femme - il "sépare" les eaux, les
sexes; il est naissance et il dit l'individuation et la solitude
humaine et personnelle.
Parole originaire - au début était le Verbe - mais
insoutenable à la conscience du couple meurtri par l'humaine condition.
Toute "relation" se paie d'un "sacrifice" - celui d'une parcelle
de Narcissisme Paradisiaque (puisé à l'eau du ventre maternel -
là tout nourrissson est le phallus de sa mère. Et leur "fusion"
(imaginaire) constitue un lieu "divin"...) d'abord accordé entier
à Adam, puis privé d'une "côte" 'd'un "côté")
pour Eve, puis voué à la "chute", lorsque
la "défaillance" phallique d'Adam et Eve se révèle
- comme si la "Mère" re-lâchait son effort et son bras et laissait
"tomber" ses enfants ou les posait à terre pour les amener
à marcher seuls...
Ce que le "papa-maman" a refusé à l'homme et à
la femme, le "serpent" va le "rappeler" et le couple de la Chute
va prétendre le re-constituer pour l'autre: un phallus in-visible
(caché dans le corps de l'autre, notamment dans l'acte sexuel),
in-séparé et (imaginairement) bisexué: ainsi ces couples seront
- d'une manière relative - basés sur un "échange": l'homme
incarnera le phallus du père (brisé et enfin acceptable) aux yeux
de la femme et celle-ci se donnera pour mère-fusionnelle. Les "rôles"
se trouveront "inversés": ce n'est pas la "masculinité" de
l'Epoux que recherchera (ou inventera) l'Epouse mais...sa "castration"
(sa féminité?); ce n'est pas la "féminité" de l'Epouse que recherchera
(ou rêvera) l'Epoux - mais son phallus maternel recomposé... Double
fétiche, double pulsion homo-sexuelle - mais lissées par le jeu
des "apparences" et des conventions (sociales) ou par cette extension
symbolique : l'infans, le sans-parole qui prendra sur ses épaules
le poids de ce double "jeu" (ou je), de cette fiction, de ce semblant
de phallus.
Ce n'est que devenu un enfant (doué de parole)
qu'il pourra élaborer une hypothèse imaginaire qui affublera le
père d'un pouvoir et la mère d'une aptitude à la réparation.Phalliques.