Illusion d'une ronde
Neil Thomas

Ames sensibles, éparpillez-vous désormais
.......L'ange fou, dans sa coquille, est en paix.

J'ai vu le sang pourpre, et senti la terre
.......Rivières dans la Cité, les larmes sont des torrents.

Une bête, grognant, encagée dans la ville.
.......Eveillez-moi ! Le rêve a-t-il cessé ?

Serpents de feu et lions dans la rue
.......Je laisse le Chaos derrière mon épaule.

Dansons avec les fantômes aux hanches d'or
.......Douceur d'une jambe, ténèbres dans ma chambre.

Reflet d'un visage à travers ma fenêtre
.......J'aime ce tremblement, inaccessible !

Les lueurs d'une cuisse sous les étoiles
.......Rôdent en liberté, magiciens meurtriers.

Ai-je considéré le monde en entier
.......Lui mon sauveur, ma souffrance, mon autre danse ?

Le Diable ricane dans les ombres de la forêt
.......Et cingle les yeux ronds pour les faire dormir.

L'illusion est une ronde.

La revue improbable
N°29, octobre-novembre 2003