Raphaël,
ou la solitude de Dieu

Christine
extrait du roman
d'Anthony Danon

Christine pose ses lèvres sur les miennes. Doucement elle m’enlace. Elle me caresse les cheveux. Elle ouvre le bouton de mon jean et me caresse le sexe. Ses lèvres s’ouvrent et je goûte à la volupté.

Aime-moi, Christine, aime-moi.

Je la regarde, la caresse, l’embrasse sur le cou, sur les seins, sur les lèvres, sur les bras, là où le muscle du bras bat comme le pouls d’un coeur qui bat, sur le ventre, sur les cuisses, sur le sexe. Je la pénètre. La peau de Christine et ma peau. Notre respiration. Notre odeur qui se mélange. Nos yeux dans nos yeux. Nos ventres sur nos ventres. Nos sexes dans nos sexes.
C’est donc vrai? Quand l’homme et la femme s’accouplent, le masculin et le féminin de Dieu sont reconstitués et Dieu redevient unité, comme avant la faute du premier homme?

Christine.
Oui.
Tu as aimé ?
J’ai aimé te faire plaisir. Mais je n’ai pas joui.
Tu n’as pas... ?
Non, Raphaël, je n’ai pas joui.

Je sais maintenant qu’elle n’a pas eu de plaisir. Et moi j'ai goûté à la volupté d’être. Je sais que je me suis trompé sur Dieu.

Et je sais que c’est fini.

Christine, reviens vers moi, enlace moi, écoute mon coeur, ma belle, mon amour, je te veux, pour moi, pour te rendre heureuse, mes yeux se perdent dans tes yeux, tu es ma reine, je suis ton roi, ne me quitte pas!

Dans la petite chambre dans les plaines de l’Illinois, je crève, je crève d’amour comme tous ceux qui ont crevé d’amour et tous ceux qui crèveront d’amour. Je crève de vouloir. Je crève du vide. Je crève de vouloir dans le vide. Je me vide dans les chiottes du coin chiottes et laisse sécher mes larmes. Christine. Qu’est-ce que tu m’as fait ?

Christine ?
Salut.
Encore une fois...pour voir...peut-être...s’il te plaît
Non, Raphaël. Non. Ne m’appelle plus. C’est dommage, on était de bons amis.
Christine ?.
..

A lire : présentation de Raphaël

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