Intifada française
Richard Ober

Commandos de "jeunes" qui harcèlent la police et tentent de détruire systématiquement les symboles de l'état, tirs à balles réelles des émeutiers, incendies d'entreprise, "Allah akhbar" dans les rues : Gaza? Falloudja? Non, région parisienne.
Stupéfait le monde entier tourne ses yeux vers un pays, la France, qui, déjà enfoncé dans une profonde crise économique, politique, morale et spirituelle se découvre confronté à une guérilla urbaine.

L'imprévoyance des gouvernements depuis 30 ou 40 ans porte aujourd'hui ses fruits empoisonnés : le saccage et le feu, avant pire?
La France si fière de sa politique arabe, si fière de défendre le "droit international" contre les USA, si fière de donner les honneurs militaires à Yasser Arafat, la France se réveille en tombant du lit, elle découvre que son pouvoir vacille devant des commandos très bien organisés!
Et les médias continuent de se répandre en explications socio-économiques pour mieux nous cacher l'évidence même : le caractère ethnique et religieux de l'insurrection, l'échec total de la politique d'intégration.
Et, alors même que des centaines de milliers d'habitants des quartiers pauvres sont pris en otage, terrorisés, par des gangs de voyous et que l'état ne parvient pas à rétablir l'ordre, que font les élus dits "progressistes"? Ils réclament la démission du ministre chargé de la paix civile, ils continuent à préparer leur soupe électorale, dans la droite ligne de leur initiateur en cynisme, François Mitterrand! Merci, chers humanistes, merci pour le pays que vous laissez aux générations qui vous suivent.
L'union sacrée qui a prévalu lors de l'invasion de l'Irak par les USA serait-elle impossible alors que la France est attaquée de l'intérieur?
Mais au fond, les héritiers de Robespierre, de Lénine et de Mao (les héros de cette révolution des moeurs de 68), cette coalition de penseurs et d'activistes qui tient la culture en France depuis que de Gaulle leur a laissée "comme un os à ronger" (dixit Peyrefitte), que peuvent-ils reprocher à ce "mouvement populaire"? Cette Intifada qu'ils admirent tellement, qui leur rappelle les heures de joyeux chahut au quartier latin et les glorieuses barricades que l'Histoire officielle révère, elle est là, à côté de chez eux. Logiquement ils accusent la police, et son chef, par un de ces réflexes conditionnés que le marxisme leur a inculqués.

L'Intifada française a commencé, et déjà on en appelle aux "frères" pour calmer les "jeunes", série d'euphémismes destinés à dissimuler la vérité : faudra-t-il autoriser la charia dans les banlieues pour que la paix revienne?
Jusqu'où, cette fois-ci, le pouvoir va-t-il reculer? Et demain?
Nul ne sait.

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