La Fourmumanité
contribution du docteur Eugène Thanasie concernant l'amélioration de l'Homme.
.La génétique détient la clé du champs des possibles pour l'amélioration de l'espèce humaine. Car l'Homme est imparfait, son individualisme féroce le pousse aux comportements les plus aberrants: pendant que passe le défilé militaire ou la gay-pride, il écoute pousser les fleurs; il pêche quand on le réclame aux urnes; il gaspille le carburant des fusées interplanétaires dans son automobile; bref l'Homme est incohérent et indigne de l'Humanité.
Tout n'est pas perdu cependant. De son plein gré il arrive au bipéde à large boîte cranienne de partir en vacances dans les camps, de s'entasser sur les plages, de faire ses commission le samedi aprés-midi au supermarché; l'Homme est donc susceptible d'amélioration.
Quelques menues transformations pourraient faire de lui un être sociable et logique, mathématiquement inséré dans une société sans défaut. S'il est vrai que certaines expériences sociales furent tentées, à une époque où on ne fouettait pas un chat pour l'éthique, et en partie réussies (Allemagne, Italie, Russie, Chine) le succés ne s'est jamais révélé durable.
C'est donc avec un extrème plaisir que nous apprenons les derniers développements de la science des gènes. Grâce à cette dernière, nous sommes persuadés que l'Homme ne va plus tardé à être rationalisé. Il suffirait pour cela de greffer quelques gènes de fourmis à des individus choisis pour une hérédité docile. Le Fourmomme ou l'Hourmi ainsi créé serait débarasssé de toute préjugé individualiste. Sa mort ne causerait pas plus de problèmes à la société fourmumaine que la perte de mille fourmi ne cause de désagrément à une fourmilière.
Encore une fois, j'entend votre objection: "Cela a déjà été fait". Non! dis-je sans détours. Il s'est toujours trouvé une portion incongrue de récalcitrants (internes ou internés) qui, à force de mauvais esprit ont fini par contaminer le reste des individus. Les gènes de la fourmi délivreront l'Homme de ce problème pour toujours. la ridicule angoisse métaphysique, la crainte de la mort, le sentiment de l'injustice, l'opposition entre progressites et réctionnaires, la mélancolie, les cracks boursiers, la folie, le malheur: rien de tout cela n'aurait plus lieu d'être. Imaginez la perfection axiomathématique adaptée définitivement à l'Humanité, quel rève!
Ah, un sentiment comparable à l'élan poétique me submerge (j'ai honte de cet enfantillage)! De façon pratique il n'est pas inenvisagable de greffer des gènes de fourmis différentes aux différents peuples. L'inconvénient indéniable que cela représente serait annulé par une sélection de bon aloi parmi les nouvelles humanités qui viendraient au monde. Les mieux adaptés anéantiront les plus faibles, ils auront enfin le champ libre pour réaliser les faramineuses possibilités de l'Humanité. Après cela viendront les temps de la Fourmumainilière et de le Fourmumanité. La Fourmumainilière ne pourra jamais disparaître car elle ne sera plus divisée Les hiérarchies seront strictement repectées. Toutes les activités seront rationnelles, les arts et les lettres, ces champignons du malheur, ne serviront plus à rien et seront détruits, aucun geste ne sera inutile et une seule pensée remplacera le désordre des pensées individuelles.
La Fourmumanité, dans son asomption, fera la conquète du système solaire, de la voie lactée, de l'univers et, pour finir en beauté, de ces Cieux dont nous parlent les religions. Si l'on m'en donne l'occasion, je suis tout disposé à accepter la direction d'un laboratoire de recherhe dans ce domaine vital de l'Amélioration de l'Homme.
Discrétion asssurée.