Jean-Luc MAXENCE
POUR GOLGOTHA, tapez 2001,2,3
Editions ANDAS et CAHIERS BLEUS, Troyes
54 pages, 6.10 euros
LECTURE
Alain Suied
Poésie

PASSION DE VIE ET DE MORT

"Il y a pire que mourir d'amour
il y a de n'en point mourir":
dans son dernier recueil, Jean-Luc Maxence choisit de présenter quatorze "stations" et les "sept paroles" du Christ à travers une poésie du désespoir et de la lumière mêlés, une poésie marquée par la colère devant les vains égarements de la Modernité (Vegas comme moderne Babylone?) et par la détresse devant la tragédie des morts prématurées, voulues par l'homme et ses puissances d'argent, d'armes, par son absurde "dureté" - cet aveuglement de soi-même!
"L'interminable calvaire des hommes" est illustré par la mort du "Roi des Juifs", ce "papillon sur l'arbre des Sefirot".
Pilate, "ce collabo aux mains propres" ne s'est pas éteint: il habite le monde moderne, la Kultur qui ravage l'autre moitié du monde par son profit, les pseudo-Jihads qui envoient les plus faibles à la mort et au crime...
Et rares sont ceux qui veulent entendre le Jésus "de souffle et de miséricorde" qui affronte les "faux dieux sur internet"...
Notre temps tue "les poètes égarés", oublie le "pardon", refuse un regard, ignore les interrogations de l'âme. Dans la "dérobade tragique du présent en fuite".
Maxence nous propose de nous ressourcer dans "l'infinie lumière des justes", dans la "Passion" et l'expérience spirituelle.


La revue improbable
N°22, septembre 2002