Lourd, cette nuit
Max Rothko (1903-1970)
Adapté de l'américain par Alain Suied

Lourd, cette nuit, d'invisibles chaînes
je me noie dans le feu du rêve.
Tout le passé me recouvre soudain
- le passé terible de ma race.
Oh peuple barbare et primitif
Tu vis à nouveau dans mes veines
Et je me sens lié à ton histoire
par ces invisibles chaînes.
Une femme vient. Elle se couche à mes côtés.
Une mère primitive.
Et je ressens la violence des ténèbres
Et je ressens les peurs primitives
Qu'elle ravive en moi
- O Pouvoir des ténèbres!
Elle recrée une impression d'enfermement
un sentiment de danger imminent.
me voilà comme jeté au fond d'une cave.
D'une cave, ils regardent le monde
Et ils se battraient pour le comprendre
Et lentement l'intelligence
surgit et grandit et consumma l'Obscur
- O force de l'esprit!
Et l'homme, cette brute d'alors
se leva et chercha la connaissance.

La revue improbable
N°32, septembre 2004