Pour toi
Vanessa Duval-Gagné

Ta cavité crânienne penche vers les vagues de l'orient
Où les pendules hurlent les voûtes des marins perdus !
Moi, je me retrouve sur une étoile au plus haut des montagnes
Hélas mon corps ressemble toujours à une souris de porcelaine
Fragile aux couleurs éteintes
L'aulne n'étreint plus sa peau comme elle le veut dans la mer de nos cerveaux
Vague ,vague au dessus des écailles des jardins de coquelicot
Écrase du pouce les jolies chevêches de mes images froissées
Hier tu aimais danser sur le rythme de mes neurones voilés
Préfères-tu nager sur mon nombril ?
Si jamais tu vas au paradis fantôme dis-leur de cesser les paralysies
J'ai la peur de voir les hécatombes
Me clouer là dans l'abstraction de mon monde
Ta tête est une fleur aux éclipses boréales qu'on appelle lys
Le soir grisade dévoile de deux poumons
Les hémisphères droite et gauche

Les mienne ne fonctionne plus à l'unisson
Les tiennes déraille peut-être sur un train
Le choc électrique fut mon seul respire

Combien de fois as-tu croisé le mystique des opales
As-tu vu dans mes yeux un cœur abritant un côté de moi
Où tu pourrais humer une complicité à coup sûr

La revue improbable
N°32, septembre 2004